Les premiers produits d’aquaculture de la mer du Nord sont devenus réalité et sont une réussite : des moules belges particulièrement savoureuses

Les premières moules belges du projet « Noordzee Aquacultuur » (sous-projets EDULIS et Value@sea) ont été dégustées aujourd’hui et déclarées absolument délicieuses. En présence de Patricia De Clercq, secrétaire générale de l’Agriculture et de la Pêche, et de Philippe De Backer, secrétaire d’État à la mer du Nord, les différents partenaires du projet d’étude ont pu considérer avec fierté la collaboration réussie quant à l’élevage intégré de moules dans la partie belge de la mer du Nord, une première.

Les premières moules belges du projet « Noordzee Aquacultuur » : un avenir prometteur

Les moules ont été récoltées à la côte belge, dans la zone dédiée au projet pilote. Cette moule belge présente un taux de chair de 36 à 39 %, plus élevé que les autres moules courantes, et a été déclarée particulièrement savoureuse lors des tests de goût et d’utilisation de Colruyt Group. Nancy Nevejan du Laboratorium voor Aquacultuur & Artemia Reference Center de l’université UGent ajoute : « Il est intéressant de constater que ces moules grandissent particulièrement vite : elles ont atteint un format appréciable en 12 mois, tandis que les moules de fond zélandaises ont généralement besoin de 18 à 20 mois ».

Des résultats très positifs ont été enregistrés concernant le nombre de moules qui se fixent aux systèmes d’élevage. Grâce au savoir acquis, l’avenir s’annonce prometteur pour les partenaires de la mer du Nord désireux de démarrer une « ferme marine » intégrée et de nouvelles activités économiques. « Nous avons pris toutes les précautions pour figurer dans le plan spatial marin (au plus tôt en 2020) ce qui concerne l’emplacement. Nous étudions à présent les démarches supplémentaires nécessaires à la poursuite de la réalisation et à la reconnaissance de cette zone comme zone de production de coquillages classée », déclare Willy Versluys de la SPRL Brevisco.

Philippe De Backer, secrétaire d’État à la mer du Nord, ajoute : « Notre plat national est le moules-frites. Je suis très heureux à l’idée que nous puissions bientôt voir des moules belges garnir nos assiettes. Je suis d’avis que notre mer du Nord peut devenir une véritable ferme marine, source non seulement de moules, mais aussi d’huîtres et d’algues. En tant que secrétaire d’État, je veux en faire le pari. Ainsi, dans le nouveau plan d’aménagement des espaces marins, j’ai veillé à donner toutes les chances à ces projets novateurs. Nous devons devenir des pionniers en Europe en la matière. »

Aujourd’hui, les moules s’inscrivent donc encore dans une phase d’étude. L’objectif final consiste à commercialiser ces moules belges sous la marque propre Boni Selection de Colruyt Group. Stefan Goethaert, directeur général Colruyt Group Fine Food : « Nous estimons que le marché des moules belges a certainement sa place. Ce produit pourra être mis sur le marché dès qu’une expansion aura lieu. Toutefois, puisque nous sommes actuellement dans une phase d’innovation visant à prouver la validité du concept, cela peut prendre encore un peu de temps. Le plan spatial marin jouera un rôle crucial à cet égard. En d’autres termes, une commercialisation n’est pas à l’ordre du jour pour le moment, mais l’avenir semble déjà très prometteur. »

Élevage intégré, de quoi s’agit-il exactement ?

Pour la première fois, les moules d’aquaculture belge ont été élevées de manière intégrée : d’une part à l’aide d’une combinaison de production d’aquaculture et d’énergie éolienne, et d’autre part au moyen d’une association de différents types de produits d’aquaculture. Les moules ont été élevées sur des cordes dans des parcs éoliens (les entreprises Parkwind et C-Power ont rendu cela possible), une première mondiale. La navigation y étant réglementée, cette zone représente un espace unique pour l’aquaculture. « La prochaine génération de parcs éoliens ne produira pas uniquement de l’énergie, mais aussi de la nourriture », explique Wannes Voorend, biotechnologue chez Colruyt Group.

Le projet Value@Sea applique une méthode IMTA (Integrated Multitrophic Aquaculture). Et Daan Delbaere d’ILVO de préciser : « Nous y élevons des coquillages et des algues marines. Vous pouvez comparer cela à une économie circulaire : les déchets d’une espèce servent d’alimentation à une autre. Elles se maintiennent mutuellement, ce qui est aussi synonyme de méthode durable. De plus, l’ensemble présente une fonction de purification pour l’environnement, en ce sens que les déchets sont extraits de l’environnement et qu’aucun nutriment n’y est ajouté. Chose unique en Europe, nous optons pour une utilisation multiple de l’espace en mêlant différentes activités. »

Nouveaux produits marins régionaux : les moules auront de la compagnie dans votre assiette

Dans un monde où l’espace terrestre ne cesse de se restreindre, rechercher d’autres formes de protéines reste un défi. La construction marine et l’aquaculture (= culture et élevage en mer) peuvent apporter une réponse à cette problématique : les océans présentent un potentiel élevé. Pour l’instant, seuls 2 % de la consommation alimentaire humaine proviennent de la mer. Il reste donc un grand potentiel inexploité.

Pour concrétiser cette ambition, nous avons besoin d’une collaboration multidisciplinaire pour le développement de systèmes de production adaptés pour les moules, les huîtres et les algues marines. En effet, la mer constitue un environnement très audacieux. Margriet Drouillon, Business Developer aquaculture à l’UGent, commente : « Grâce à “Noordzee Aquacultuur”, nous avons la possibilité de prouver notre expertise et notre connaissance flamandes en mer du Nord, une des régions marines les plus fréquentées et les plus sauvages du monde. Si nous parvenons à réaliser un élevage offshore, il représentera une démonstration unique pour la commercialisation de notre expertise à l’échelon international. » C’est pourquoi le projet « Aquacultuur Noordzee » étudie la culture durable d’huîtres, d’algues marines et de coquilles Saint-Jacques, outre celle des moules.

Un processus très instructif. Qui plus est, le chef et spécialiste des algues marines Donald Deschagt, du restaurant Le Homard et La Moule, a qualifié les algues de particulièrement savoureuses et a confirmé leurs excellentes qualité et texture. Christof Malysse, expert en commerce de gros chez Lobster Fish : « Nous sommes convaincus qu’il peut s’agir d’excellents produits pour le marché de l’horeca tout comme pour les restaurants haut de gamme. ».

Collaboration R&D unique entre des entreprises, des instituts du savoir et les pouvoirs publics belges

« Noordzee Aquacultuur » désigne un projet d’étude composé de deux consortiums d’organismes de recherche et d’entreprises. Aux côtés de l’UGent et d’ILVO, dix partenaires analysent depuis 2017 des techniques d’élevage novatrices pour les coquillages et les algues marines ainsi que les possibilités en matière d’utilisation efficace de la partie belge de la mer du Nord et de développement d’un marché pour les nouveaux produits marins régionaux.

Des recherches sont menées à la côte de Nieuport (huîtres, algues marines et coquilles Saint-Jacques – sous-projet Value@sea) et dans les parcs éoliens belges (moules – sous-projet EDULIS). Outre l’apport privé, les deux sous-projets bénéficient du soutien du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche ainsi que du Financieringsinstrument voor de Vlaamse Visserij en Aquacultuursector (instrument financier pour la pêche et le secteur de l’aquaculture flamands). L’approche multisectorielle d’équipes et d’entreprises multidisciplinaires apporte un enrichissement très intéressant. « Les efforts et investissements consentis par les partenaires aux projets de “Noordzee Aquacultuur” ainsi que les résultats déjà enregistrés montrent la confiance dans le potentiel de développement d’un secteur aquacole marin flamand à portée commerciale. Cet enthousiasme, les pouvoirs publics flamands ne peuvent que l’encourager. En effet, tous les échelons de l’économie locale peuvent bénéficier de ses effets positifs potentiels », conclut Patricia De Clercq, secrétaire générale du département de l’Agriculture et de la pêche.

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